Continental rachèterait la marque Eurotyre et relancerait le réseau. C’est la solution dévoilée et proposée par le président d'Eurotyre, dimanche dernier au cours d’une assemblée générale extraordinaire du groupement. Aux adhérents Eurotyre de décider…
« Il fallait bien trouver une issue ! » : nous dit d’emblée Dominique Bacher, président d’Eurotyre, bien que pour lui parler de rachat de l’enseigne lui parait trop simpliste. Chez Continental, l’homme qui suit le dossier, Lionel de Septenville, n’a pas souhaité s’exprimer à ce sujet. Question de délais ?
La solution consisterait donc à ce que le manufacturier Continental rachète la marque Eurotyre à son propriétaire actuel (un grossiste hollandais) et relance le réseau avec de nouveaux axes stratégiques. En conséquence, les deux réseaux Eurotyre et Siligom qui disposaient d’une direction commune réunie sur un même lieu se sépareraient au niveau des achats et du marketing. Par contre, la structure Eurogom réunissant les deux enseignes (et également le groupe Ayme) perdurerait puisqu’elle permettrait de présenter aux clients Grands Comptes un maillage de points de vente conséquent.
Rappel des faits
On connaît la triste histoire du nom d’Eurotyre revendiqué, et à raison, devant les tribunaux par un grossiste situé aux Pays-Bas. Lire : - Eurotyre : stop ou encore ?.L’interdiction d’arborer cette enseigne pour le réseau par le jugement de la Cour d’appel de Paris début février 2010. Lire : - Le réseau Eurotyre… changera de nom . Du coup, les adhérents Eurotyre en sont réduits aujourd’hui à bricoler à coup de scotch leur panneau ! Quand on croise cette information avec le montant des pertes de la centrale de 2008 et cette extravagante histoire de neige carbonique recouvrant l’ensemble du stock suite à un accident survenu dans le dépôt en octobre 2008, la vie du groupement ne paraissait pas drôle tous les jours.
Quelle solution ?
Et les solutions ne sont pas si nombreuses. Trouver un nouveau nom et perdre tout le capital de la marque ? Prendre celui de Siligom ? Celui d’Eurogom ? Ou encore faire perdurer le nom de l’enseigne. Telle serait la solution, grâce à Continental, et selon une source proche du dossier, les adhérents disposeraient d’un délai qui irait jusqu’à plusieurs mois pour avaliser la solution « Continental » ou sortir du groupement. On imagine que, dans ce cas, la société qui liait les adhérents serait dissoute à la fin de l’année et qu’une nouvelle organisation avec de nouveaux responsables se reposant sur Continental naîtrait à la fin de l’année. A noter que le manufacturier pesait déjà 30 à 40 % des achats du groupement.
Les trois mousquetaires deviendraient quatre...
On rappelle que Continental dispose de 2 000 points de vente en Europe sous plusieurs enseignes, notamment Pneu Expert en Italie. Par contre, contrairement à Michelin, Bridgestone et Goodyear, le manufacturier ne dispose d’aucun réseau en France. L’attention du métier s’était bien focalisé sur le rachat en France de Ripa Pneus appartenant au groupement Profil + et qui compte 10 agences par une structure luxembourgeoise à la fin de l’année, certaines mauvaise langues disant qu’il s’agissait du premier achat de Continental en France. Ce que Lionel de Septenville a tenu à démentir fortement…
En tout cas, la morale de cette histoire montre encore une fois les difficultés auxquelles se heurtent les négociants en pneumatique en France. Et depuis plus de six mois, le rachat d’affaires par les manufacturiers se multiplie. On citera 7 à 8 points de vente de Vaysse dans la région parisienne, les 14 points de vente de Clabeaut lui aussi Profil +, et la prise de participation de Michelin chez Taquipneu qui groupe 31 centres. A suivre…