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Aliapur en appelle aux Pouvoirs publics !
Au vu du nombre de pneus n’ayant pas payé l’écotaxe et pourtant collectés par l’organisme, le modèle économique d’Aliapur, la filière française de valorisation des pneus usagés, est tout simplement en danger.
Tout pneu introduit sur le marché doit être égal à un pneu traité… Et pourtant. « Nos chiffres actuels des volumes collectés en 2009 ne sont pas encore finalisés (toutes les saisies de bons de collecte 2009 ne sont pas encore toutes achevées) font apparaître un dépassement de +/- 4 000 tonnes, toutes catégories de pneus confondues, par rapport à la commande reçue des Producteurs », explique Eric Fabiew, directeur d’Aliapur. Et l’addition est lourde lorsque l’on convertit les tonnes en pneu… puis en euros. « Pour information, une tonne de pneus usagés représente 140 pneus tourisme. 4 000 tonnes sont donc égales à 560 000 pneus tourisme, soit une sur dépense à la charge des producteurs respectant le décret de 840 000 euros ! Pour mémoire, la commande 2009 était de 280 943 tonnes. » Et le phénomène risque de s’aggraver. Au total, et en 2010 ce seraient 28 000 tonnes excédentaires qui n’auront pas de ressources, selon un professionnel du marché. En effet, vont s’ajouter au phénomène traditionnel des ventes à l’import la mévente subie par manufacturiers en 2009 et le nombre plus important de voitures à la casse.
Qui sont les responsables ? D’abord les sites Internet, notamment étrangers et une partie de la distribution qui achète directement ses pneus (d’autant plus que, même en dehors du coût de l’écotaxe, ces pneus sont moins chers) à l’import. Aussi la direction d’Aliapur a pris une décision qui ne va pas être populaire en 2010 : c’est par trimestre et non par an que les ordres de collecte seront définis et dès que les volumes seront atteints… plus de financement. On imagine la réaction de la part des détenteurs qui devront conserver en stock leurs pneus usagés, à défaut de trouver d’autres collecteurs agréés par la préfecture de leur département !
Mais que fait la police… des douanes !
Et l’organisme ameute le banc et l’arrière banc à sa cause : la nouvelle distribution réunie sous la bannière de l’ECA ; les réseaux constructeurs (CNPA) ; les grossistes (Feda), les garagistes indépendants (FNAA) pour alerter leurs adhérents… Et les Pouvoirs Publics. Que peuvent-il réellement faire notamment vis-à-vis des acteurs étrangers qui facturent hors France ? D’abord Aliapur appelle à la mise en place de dispositifs de contrôle tant auprès des producteurs que des organisations de producteurs. Et propose une parade sur le terrain. «Faire supporter l’obligation de traitement des pneumatiques usagés par les établissements professionnels assurant le montage des pneus neufs issus du commerce Internet. L’identification des monteurs de pneumatiques issus des ventes Internet peut s’opérer à partir des sites de commercialisation qui référencent les établissements. Le contrôle peut ensuite s’opérer en comparant les achats de pneumatiques neufs aux quantités de pneumatiques usagés collectés par les opérateurs agréés. » Avec la sanction de payer 1,5 par kilo de pneu importé et non déclaré. Et Eric Fabiew de s’étonner : « Nous venons d’être contrôlés par les administrations fiscales et sociales, pourquoi n’en serait-il pas de même pour l’application des obligations relatives aux pneumatiques usagés ? »
Réaction
Philippe Quillot, direction commercial de la partie détail du groupe Massa) : « Nous sommes favorables à l’intervention d’une véritable police qui puisse contrôler le marché car cela mettra enfin tous les acteurs à égalité. Prenez un pneu moyen qui se vend 30 euros, le paiement ou le non-paiement de l’euro taxe à 1,5 euros fait une sacrée différence. »
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